Touareg
Touareg

On connaît la teinture a l'indigo dès le néolithique, dans les régions où poussent cet arbuste, d'une hauteur de moins de 2 mètres. Ce sont les peuples du Proche-Orient qui importent d'Afrique et d'Asie ce produit, d'où son nom latin indicum et de l'adjectif indicus "de l'Inde". C'est dès son origine un produit d'exportation. 

Arrivé en occident sous forme de bloc compact de feuilles broyées réduites en pâte et séchée, certains pensent jusqu'au 16e siècle que c'est un minéral, voir une pierre semi-précieuse comme le lapis-lazuli. 
Mais cette étrange matière fait peur. Son importation l'assimile à la pierre dudiable. Henri IV interdit en 1609 son importation sous peine de mort sans doute pour protéger la production locale du pastel.
Comme la pourpre, l'indigo n'est pas soluble à l’eau, il faut, pour pouvoir teindre, les dissoudre à l’aide de produits chimiques réducteurs et d’alcali. L’indigo est alors une solution jaunâtre appelée indigo blanc utilisable sur les fibres naturelles. Après la teinture, on rend à l’indigo son insolubilité, on régénère la couleur par oxydation, en l’exposant à l’air. Les tissus, jaunes au sortir de la cuve, deviennent verts puis bleus.
La teinte est  variable étant donné le nombre de variétés végétales employées et la diversité des traitements. Il s'agit cependant presque toujours d'un bleu violacé, caractéristique de l'indican.
La quasi-totalité de la teinture est alors fixée aux fibres, l’excèdent éliminé par lavage. La teinture à l’indigo est solide sur les lainages, elle résiste médiocrement à la lumière et aux frottements sur le coton et le lin. Mais ce n’est qu’au XVe que les teinturiers européens apprirent à réduire l’indigo. Après 1700, fut mise en pratique la méthode à la chaux et au sulfate de fer, utilisable à froid, alors que les procédés employés jusque-là requéraient une température située entre 40 et 70 °C. Ces nouvelles méthodes permirent l'impression des textiles par réserve, à l’exemple des batiks.
De nos jours, dans la teinture artisanale à l’indigo, c’est généralement le dithionite de soude qu’on utilise comme réducteur et l’ammoniaque ou la soude caustique comme alcali.
Aujourd'hui, les procédés de synthèse se comptent par dizaines. Les implications économiques de la synthèse de l'indigo sont toujours très importantes. Elles s'évaluent intuitivement au nombre de blue-jeans portés par nos contemporains ! Mais il fallu des années de recherche pour trouver une voie de synthèse utilisable industriellement. Notons encore qu’en Inde il y avait 1700 km carrés de culture d’indigotier en 1896 et soixante ans plus tard il n’en restait que quatre. La production atteignit 13000 tonnes vers 1980 avant de se stabiliser à quelques milliers de tonnes par an.
Le bleu d'indanthrène (C28H14N2O4, anthraquinone) pigment azoté très colorant et semi-opaque, a pratiquement supplanté l'indigo et le pastel.

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La Molière, Luberon
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